23 novembre 2011 |
La connaissance géoscientifique au Québec : sa valeur, son impact et son avenir |
La connaissance géoscientifique représente un actif sociétal de grande valeur pour appuyer le développement durable des ressources minérales et du territoire. Au Québec, les informations géoscientifiques recueillies lors des travaux gouvernementaux, miniers et universitaires sont intégrées au système d’information géominière SIGEOM qui représente un patrimoine informationnel dont le coût de remplacement est estimé à 3,9 milliards de dollars. Cette source importante d’informations appuie la prise de décisions privées menant à des investissements en exploration, mais est également utilisée dans le cadre de la planification gouvernementale des nombreuses activités qui concernent le territoire. Les inventaires gouvernementaux (géologie, géochimie, géophysique, métallogénie) réalisés sur le territoire québécois comptent pour moins de 10 % du coût de remplacement du SIGEOM, par rapport à plus de 90 % pour les travaux des sociétés minières. Toutefois, plusieurs exemples historiques documentés montrent que l’acquisition de nouvelles informations géoscientifiques gouvernementales a entraîné des travaux d’exploration minière et conduit à la découverte de nouvelles ressources minérales, surtout dans des secteurs peu connus. La comparaison des investissements géoscientifiques publics et privés en exploration minière sur les territoires visés par les programmes Moyen et Grand Nord illustre également l’effet de levier des nouvelles connaissances géoscientifiques sur les investissements en exploration. Plus récemment, les programmes d’acquisition de nouvelles connaissances géoscientifiques ont identifié de nombreuses cibles d’exploration directes (observations géologiques) et indirectes (anomalies géochimiques et géophysiques), dont la publication a entraîné l’acquisition de titres miniers. Au cours de la dernière décennie, le développement de modèles de gîtologie prévisionnelle, d’outils géomatiques et la densification des données du SIGEOM ont permis l’évaluation du potentiel en certains métaux et minéraux dans des secteurs précis. L’évaluation du potentiel minéral vise à identifier les zones favorables à la découverte de ressources minérales, mais facilite également la distinction de secteurs moins prometteurs, plus propices à la création d’aires protégées, tout en permettant d’apprécier les lacunes dans les connaissances disponibles et d’orienter les futurs levés géoscientifiques. Le gouvernement du Québec a récemment alloué un budget décennal à l’acquisition de nouvelles connaissances géoscientifiques qui stimuleront, orienteront et appuieront la recherche de nouvelles ressources minérales, notamment dans des secteurs moins connus comme le nord québécois. De nouvelles connaissances géoscientifiques seront également acquises afin de répondre de façon croissante à des enjeux sociaux et environnementaux du développement durable, tels que l’aménagement du territoire public, la protection des eaux souterraines, le réchauffement climatique, etc. |
|